15 janvier 2018

« Ce sont les Français qui comprennent le mieux la culture japonaise et ce sont les Japonais qui comprennent le mieux la culture française »

Masato Kitera, ambassadeur du Japon en France

Japonismes 2018 – Les âmes en résonance, voyage dans la culture japonaise, des temps anciens aux formes les plus contemporaines, mêlant cinéma, expositions, spectacles vivants et art de vivre, sera à n’en pas douter un événement culturel historique.

Un projet de rêve, pour célébrer le 160e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Japon et la France avec la signature en 1858 du Traité de paix, d’amitié et de commerce entre les deux pays. Et le 150e anniversaire du début de l’ère Meiji, ce moment de l’Histoire où le Japon s’est ouvert à l’Occident, faisant naître en retour chez les artistes français, et notamment des peintres, ce qui fut dénommé « japonisme » : une fascination durable pour l’esthétique japonaise.

Signe qu’aujourd’hui cet engouement perdure, plus d’une trentaine d’institutions culturelles de premier plan se sont déjà mobilisées pour participer à cette saison japonaise, placée sous la responsabilité d’Hiroyasu Ando, président de la Japan Foundation. « Depuis novembre 2016 », date à laquelle Shinzo Abe a officialisé le projet Japonismes 2018, avec le soutien du Président Hollande, « j’ai fait dix voyages en France. En 2018, le Japon va se téléporter à Paris. Je n’ai jamais vu un événement d’une telle ampleur sur la culture japonaise en plus de 40 ans de vie diplomatique ».

Dès le mois de mai, La Grande halle de la Villette accueillera « Au-delà des limites » du collectif japonais teamLab, qui permettra de s’immerger dans des installations interactives aux frontières de l’art, de la science et de la technologie.

En juillet, « Fukami, plongée dans l’esthétique japonaise » dévoilera à l’hôtel Salomon de Rothschild des œuvres issues de la tradition mais aussi des créations contemporaines.

Septembre-octobre sera un temps fort : l’exposition du Petit Palais « le royaume coloré des êtres vivants » permettra d’admirer, pour la première fois en Europe, les précieuses peintures de Jakuchu, ode à la nature avec leurs fleurs, oiseaux et poissons, et l’un des exemples les plus remarquables de peinture polychrome japonaise du XVIIIe siècle. Dans le même temps, de nombreuses scènes d’Ile-de-France (Chaillot, le Théâtre de la Ville, la Cité de la musique-Philharmonie de Paris, le Théâtre de Gennevilliers, la Maison des Arts de Créteil etc.) donneront à voir du théâtre contemporain et de la danse contemporaine mais aussi des spectacles de kabuki et de bunraku -deux formes de théâtre traditionnel datant du XVIIe -, dont Sambasô, une pièce du répertoire remontant à un rituel du Moyen Âge, ou encore Wadaiko, un spectacle de tambours japonais mêlant tradition et modernité.

La Cinémathèque française proposera pendant six mois (septembre 2018 – février 2019) une exceptionnelle rétrospective : « 100 ans de cinéma japonais » avec pour fil conducteur la découverte de films peu connus de cinéastes notoires et d’œuvres de cinéastes japonais méconnus en France. Pendant que le Centre Pompidou dédiera sa programmation à l’une des cinéastes japonaises les plus appréciées à l’étranger, Naomi Kawase.
Quant à la MCJP, point d’ancrage permanent du rayonnement de la culture du Japon en France, elle sera présente sur tous les axes de cette exceptionnelle programmation, notamment celui de l’art de vivre avec de nombreux colloques, conférences et autres démonstrations autour de l’artisanat traditionnel et de la gastronomie.

Au total, plus de 50 manifestations sont déjà à l’agenda, à Paris et en province. Et ce calendrier devrait encore s’enrichir dans les prochains mois avec la programmation associée : institutions et associations peuvent ainsi présenter leur projet et recevoir, après agrément, le label Japonismes 2018.

« Cette coopération illustre le dynamisme et la fluidité de nos relations » s’est félicité Maurice Gourdault-Montagne, Secrétaire général du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et ambassadeur de France au Japon de 1998 à 2002, lors de la présentation de l’événement. « Aujourd’hui, comme au XIXe, les Japonais continuent d’être une source d’inspiration pour les artistes français ».

Quoi de plus naturel puisque, selon Masato Kitera, ambassadeur du Japon en France, « ce sont les Français qui comprennent le mieux la culture japonaise et ce sont les Japonais qui comprennent le mieux la culture française ».

 

Programme Japonismes 2018
Plan et calendrier Japonismes 2018